人类似乎永远无法摆脱“部落主义”的基因诅咒。在资源紧缩与生存焦虑的周期里,我们本能地向后退缩,躲进种族、国别或阵营的堡垒中。这种本能将复杂的社会矛盾简化为“非我族类”的敌对,让曾经被鲜血洗刷过的教训,在煽动性的口号面前显得苍白无力。当右翼势力再次觉醒,人们与其说是被误导,不如说是主动选择了那种廉价的、带有排他性的集体狂热,以此来抵御个体在时代洪流中的无力感。

Humanity seems forever unable to escape the genetic curse of "tribalism." In cycles of dwindling resources and existential anxiety, we instinctively retreat into the fortresses of race, nation, or faction. This instinct simplifies complex social contradictions into an antagonism of "the other," rendering lessons once washed in blood pale against inflammatory slogans. As right-wing forces reawaken, people are not so much misled as they are actively choosing a cheap, exclusive collective fanaticism to fend off their individual impotence in the torrent of the times.

L'humanité semble à jamais incapable d'échapper à la malédiction génétique du « tribalisme ». Dans les cycles de raréfaction des ressources et d'angoisse existentielle, nous nous replions instinctivement dans les forteresses de la race, de la nation ou du camp. Cet instinct simplifie des contradictions sociales complexes en un antagonisme envers « l'autre », rendant les leçons jadis lavées dans le sang bien dérisoires face aux slogans incendiaires. Alors que les forces de droite se réveillent, les gens ne sont pas tant égarés qu'ils ne choisissent activement un fanatisme collectif bon marché et exclusif pour contrer leur impuissance individuelle dans le torrent de l'époque.

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这种轮回的残酷之处在于,人类的经验无法通过生理遗传,而偏见却能借由言语代际相传。亲历过屠杀与隔离惨剧的一代终将凋零,而后来者往往将和平视为理所当然的空气,却对毁灭性的极端思想感到新鲜与好奇。我们反复推石上山,又反复看着文明在仇恨的惯性中坠落。只要人类尚未完成从“身份认同”向“共情认同”的跨越,我们便注定要在血色的废墟上,一次次地补习那门关于“相处之道”的古老课程。

The cruelty of this cycle lies in the fact that human experience cannot be inherited biologically, while prejudice is passed down through generations via language. The generation that witnessed the tragedies of massacre and segregation will eventually fade, while those who follow take peace for granted as the air they breathe, yet feel a fresh curiosity toward destructive ideologies. We repeatedly push the stone up the mountain, only to watch civilization plummet under the inertia of hatred. Until humanity completes the leap from "identity politics" to "empathetic recognition," we are destined to retake that ancient lesson on the "art of coexistence" atop blood-stained ruins.

La cruauté de ce cycle réside dans le fait que l'expérience humaine ne peut s'hériter biologiquement, tandis que les préjugés se transmettent de génération en génération par le langage. La génération ayant vécu les tragédies des massacres et de la ségrégation finira par s'éteindre, tandis que les suivants considèrent la paix comme un dû, tel l'air qu'ils respirent, tout en éprouvant une curiosité neuve pour les idéologies destructrices. Nous poussons sans cesse la pierre vers le sommet, pour voir ensuite la civilisation s'effondrer sous l'inertie de la haine. Tant que l'humanité n'aura pas accompli le passage de « l'identité » à « l'empathie », nous serons condamnés à réapprendre, sur des ruines ensanglantées, cette leçon millénaire sur « l'art de vivre ensemble ».

"This is your last chance. After this, there is no turning back. You take the blue pill, the story ends, you wake up in your bed and believe whatever you want to believe. You take the red pill, you stay in Wonderland, and I show you how deep the rabbit hole goes."

- The Matrix

Artworks From:

Tate Britain (London)

Guildhall Art Gallery (London)

MUŻA - The National Community Art Museum (Malta)

Saatchi Gallery (London)

China Academy of Art (Hangzhou)

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